Reconnaître facilement la présence d’une tique sur la peau

Le mot « tique » ne s’imprime pas en lettres rouges sur la peau. Pourtant, chaque printemps, la menace s’invite sans préavis, partout où l’herbe s’épaissit et où la température grimpe. Les parasites font leur grand retour, et il est temps d’apprendre à les débusquer avant qu’ils ne s’installent pour de bon.

Faisons les présentations

Les puces et les tiques partagent un mode de vie qui ne laisse pas la place au doute : ce sont des buveurs de sang. Leur survie dépend entièrement de leur capacité à se fixer sur un hôte, à se nourrir, puis à bénéficier d’un environnement propice à la reproduction.

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Puces

Discrètes, plates, d’un brun sombre, les puces mesurent à peine quelques millimètres. Pourtant, leur présence se fait vite sentir.

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Vue au microscope, la puce adulte est la seule à véritablement infester chiens et chats.

Cycle de développement de puce

En piquant, la puce prélève du sang, puis, en moins de deux jours, pond ses œufs. Ceux-ci tombent dans l’habitat de l’animal et poursuivent leur développement loin de lui. Œufs, larves et nymphes trouvent dans nos foyers un refuge idéal, chaud et douillet : c’est ce qui explique que les infestations puissent durer toute l’année, même au cœur de l’hiver.

Tiques

La taille d’une tique varie selon son âge et sa gourmandise. À jeun, elle se fait oublier, ne mesurant que quelques millimètres. Rassasiée, elle peut dépasser le centimètre, lourde de sang.

La tique, petit acarien typique, possède huit pattes qui lui donnent une allure singulière.

Adultes, larves et nymphes se nourrissent toutes de sang. Les plus jeunes préfèrent les petits mammifères, tandis que les adultes s’attaquent aussi aux plus grands : chiens, chats, bovins, cervidés… et même l’humain. Le risque d’en croiser grimpe dans les sous-bois, les prairies ou les herbes hautes, leurs terrains de jeu favoris.

Comment voir et reconnaître ces parasites ?

Puces

Débusquer les puces requiert d’aller voir sous les poils, à la racine. La recherche s’effectue en priorité sur le dos, la croupe, la base de la queue, mais aussi la tête et le ventre. Quand l’infestation s’intensifie, il arrive d’en apercevoir ailleurs, se faufilant à toute allure.

Si l’œil capte leur silhouette, on distingue un insecte minuscule, ultra-rapide, insaisissable à la main. Leur carapace coriace les rend pratiquement invulnérables à une simple pression des doigts. Pour augmenter vos chances, munissez-vous d’un peigne très fin, faites-le glisser sur le pelage, puis examinez le contenu sur un papier blanc ou une compresse.

Tiques

Tique visible sous la paupière inférieure d’un chien. Contrairement aux puces, les tiques ne se déplacent pas sur l’animal.

Après avoir profité d’un passage dans une zone infestée, elles s’agrippent à la peau et restent accrochées, parfois plusieurs jours. On les retrouve souvent sur les parties proches du sol ou de la végétation : pattes, ventre, cou, flancs, museau…

L’inspection minutieuse du pelage permet de les découvrir. Selon leur taille, on peut les détecter au toucher ou à l’œil nu. Il arrive de les confondre avec une verrue ou un petit kyste, surtout lorsque leur couleur tire sur le rose. Si on regarde bien, la tête fichée dans la peau et les petites pattes sur les côtés dissipent le doute.

Surtout, évitez de retirer une tique en tirant ou en utilisant une pince à épiler, même après avoir appliqué un produit anesthésiant : une partie de la tête risquerait de rester sous la peau, provoquant une réaction inflammatoire. Une tique n’a pas la capacité de « repousser » après extraction. Pour un retrait sans risque, il existe des crochets spéciaux, disponibles chez le vétérinaire, qui permettent de l’enlever sans rien laisser. N’hésitez pas à demander conseil à un professionnel.

Autres indices de leur présence

Repérer une puce en direct relève souvent de la prouesse. Leur petite taille, leur rapidité et leur discrétion rendent la tâche ardue. Mais l’absence de puce visible ne signifie pas nécessairement absence de parasites : d’autres signes laissent peu de place au doute, notamment la présence de leurs déjections.

Déjections de puces observées dans le pelage d’un chat, Application du traitement antiparasitaire par pipette

Les crottes de puces se présentent comme de fines pellicules noires à la base des poils. En passant le peigne dans les zones stratégiques, vous pouvez en recueillir. Déposez-les sur un mouchoir blanc et humidifiez : une trace rougeâtre apparaît alors, preuve que ces petits grains contiennent du sang digéré.

Les démangeaisons chez l’animal constituent un autre signal. Un chien ou un chat infesté se gratte souvent, mais il arrive aussi qu’il ne manifeste aucun symptôme. Chez les individus allergiques aux piqûres de puces, des lésions spectaculaires peuvent se déclarer : rougeurs, croûtes, pertes de poils, même lorsque les parasites ne sont pas nombreux. On parle alors de DAPP ou DHPP, des dermatites d’origine allergique liées aux piqûres de puces. Si, dans la maison, les humains commencent eux aussi à ressentir des démangeaisons ou à voir apparaître de petits boutons, il y a fort à parier que les puces se sont multipliées dans l’environnement (parquet, moquette, tapis…) et piquent à l’occasion occupants à deux pattes.

Les tiques, elles, sont bien plus discrètes : après leur passage, elles laissent parfois une petite rougeur ou une ampoule, mais rien de flagrant. Un animal peut donc avoir été parasité sans que vous ne vous en aperceviez.

Pourquoi se prémunir contre ces parasites ?

Outre les démangeaisons et les réactions allergiques parfois sévères, la présence de puces et de tiques expose l’animal à d’autres risques : la transmission de maladies ou de parasites internes.

Les puces sont vectrices de vers, notamment les ténias (Dipylidium), et peuvent transmettre certaines maladies aux chats, comme la mycoplasmose féline (hémobartonellose), qui détruit les globules rouges et peut se révéler très grave, même si elle reste rare.

Quant aux tiques, elles sont à l’origine de nombreuses maladies chez le chien : piroplasmose, maladie de Lyme (borréliose canine), ehrlichiose, anaplasmose… Autant d’affections qui gagnent du terrain et qui exigent de la vigilance. Si vous observez chez votre animal de la fièvre, une fatigue inhabituelle, des muqueuses pâles, des saignements, des urines colorées ou des douleurs articulaires, contactez immédiatement votre vétérinaire. Même sans tique visible, ces signes appellent une prise en charge rapide.

Prévenir plutôt que guérir

Se fier à l’absence de parasites visibles serait une erreur. La seule stratégie vraiment efficace reste la prévention.

Différents traitements antiparasitaires existent : pipettes à appliquer sur la peau, sprays, colliers, comprimés… Le choix dépend du mode de vie de votre chien ou chat. Le mieux est d’en discuter avec le vétérinaire, qui saura proposer une solution adaptée à votre compagnon.

Auteur : Dre Hélène Blondel, Illustratrice : Dre Caroline Allard,Vetup