Les voitures autonomes déjà sur les routes aujourd’hui

Assistances à la conduite, systèmes de contrôle autonomes, voitures 100% autonomes… Qu’est-ce qui se cache derrière ces termes et quels sont les différents niveaux d’autonomie ?


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Le secteur automobile n’a pas attendu la science-fiction pour s’emparer du sujet des véhicules autonomes. Tesla, PSA, Renault, Google Waymo, Mercedes, Uber, Volvo… la liste des constructeurs et géants du numérique qui misent sur la conduite autonome ne cesse de s’allonger. Pourtant, certains ont déjà freiné leur élan, réaffectant budgets et équipes vers d’autres priorités comme la transition énergétique.

La loi, elle, a longtemps laissé planer le doute sur ce qu’est réellement une voiture autonome. Beaucoup confondent encore pilotage automatique et autonomie véritable. Le premier demeure un système d’assistance sophistiqué, qui ne se passe jamais d’un conducteur humain. À l’inverse, la conduite autonome vise à rendre la présence humaine superflue.

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Mais alors, comment savoir qui pilote quoi, et jusqu’où la machine peut aller sans nous ?

Pour y voir plus clair, il faut remonter à 2014 et à la grille élaborée par la SAE (Society of Automotive Engineers). Ce classement international fait aujourd’hui référence auprès des constructeurs et des gouvernements pour distinguer précisément les différents degrés d’autonomie. L’OICA, instance européenne, propose une échelle similaire à six niveaux : c’est ce barème qui structure le débat sur la mobilité de demain.

Niveau 0 : aucune assistance, tout repose sur le conducteur

Ici, pas de place au doute : le conducteur a la main sur chaque action. Aucune aide électronique, aucune intervention de la voiture. Exit le régulateur de vitesse, l’assistance au freinage d’urgence ou le maintien de voie. Même les alertes de panne moteur ne sont que de simples avertisseurs. À ce stade, la machine ne fait que signaler un problème, sans jamais agir à votre place.

Niveau 1 : automatiser une fonction, pas plus

C’est le quotidien de la plupart des automobilistes aujourd’hui. Le conducteur garde le contrôle total, mais une aide ponctuelle l’assiste : régulateur de vitesse, freinage automatique d’urgence, rien de plus. Parmi ces systèmes qui sont désormais devenus la norme, citons l’ABS (antiblocage des roues) ou l’ESP (contrôle électronique de stabilité) : deux technologies obligatoires sur toutes les voitures neuves.

Niveau 2 : plusieurs automatismes travaillent ensemble

Ce niveau se généralise sur les voitures récentes. Même si la loi impose toujours de garder les mains sur le volant, la voiture prend en charge l’accélération, le freinage et maintient la trajectoire. Le conducteur doit cependant rester attentif, prêt à intervenir à la moindre alerte. On le constate dès que la voiture vous rappelle à l’ordre si vous tardez à reprendre le volant.


Mercedes EQC

Sur une Mercedes-Benz EQC ou une Audi e-tron, par exemple, le régulateur de vitesse adaptatif se combine au maintien de voie pour gérer la circulation sur autoroute. Certes, la voiture gère seule certains aspects, mais elle ne perçoit pas encore l’intégralité de son environnement. D’autres fonctionnalités comme le « Park Assist » permettent déjà de confier les manœuvres de stationnement à la machine. Ces systèmes se déploient de plus en plus, mais l’humain doit rester maître à bord.

Dans la première moitié de l’article, il existe des ressources vidéo et des liens pour approfondir, notamment sur la chaîne Youtube Frandroid.

Niveau 3 : autonomie par moments, sous contrôle humain

À partir d’ici, la frontière se brouille : on commence à parler de voiture autonome. À ce stade, le véhicule analyse son environnement et agit en conséquence. Dans des situations précises, comme l’autoroute, il peut gérer la conduite sans intervention humaine. Mais le conducteur doit rester disponible pour reprendre la main à tout instant.


Officiellement, les Tesla sont des voitures autonomes de niveau 2

Actuellement, certains modèles basculent entre les niveaux 2 et 3. Tesla illustre parfaitement ce flou : son système d’aide à la conduite est très avancé, mais la réglementation l’oblige à limiter ses fonctionnalités. Caméras et radars scrutent l’environnement, calculent les distances, adaptent la vitesse, anticipent les dangers. Si le conducteur actionne le clignotant, la voiture peut dépasser toute seule, ralentir ou accélérer selon le trafic.

Malgré l’ambition affichée de la marque, la législation actuelle bride encore ses capacités : Tesla coche plusieurs cases du niveau 3, mais doit pour l’instant se contenter du niveau 2 officiellement. La technologie, elle, est prête à franchir le cap dès que le cadre légal s’assouplira.

Niveau 4 : autonomie quasi totale, même sans conducteur

Ici, le véhicule gère l’ensemble du trajet de façon indépendante : plus besoin d’un conducteur prêt à intervenir. La machine prend toutes les décisions, s’adapte à l’environnement, effectue les manœuvres complexes, quitte l’autoroute pour s’arrêter sur une aire si besoin.

Des fonctionnalités comme le « City Park Full Automatic » illustrent cette évolution : la voiture se gare seule, en créneau ou en bataille, tandis que le conducteur peut rester à l’extérieur du véhicule.

Niveau 5 : autonomie intégrale, la voiture sans volant

À ce stade, la voiture assume toutes les tâches de conduite, sans solliciter la moindre intervention humaine. En ville, sur route, dans les embouteillages, elle se débrouille seule. Plus besoin de volant ni de pédales : le véhicule fait ses propres choix, jusqu’à refuser un ordre humain s’il l’estime dangereux. Google et son projet Waymo, Uber et d’autres géants planchent sur ce modèle de mobilité radicalement transformé.


Voici l’un des fameux véhicules autonomes de Google (Waymo), la voiture sans conducteur qui symbolise ce nouveau chapitre.

Les voitures autonomes et la France

La France avance elle aussi sur les questions de véhicules autonomes. Les enjeux sont multiples : éthique, sécurité, assurance… autant de sujets qui font débat. Depuis 2016, un arrêté du Conseil des ministres autorise l’expérimentation de voitures sans conducteur sur les routes françaises. Les autorisations restent délivrées au cas par cas. Exemple concret : en 2017, la France et l’Allemagne ont validé des tests de navettes autonomes sur 70 km entre Metz et Merzig, sur autoroute comme sur routes secondaires.

Quand arriveront les voitures 100% autonomes ?

Oubliez les prévisions exaltées d’hier : la voiture totalement autonome ne sera pas là demain matin. Si la technologie progresse à grands pas, la décision revient désormais au législateur. Le développement ne dépend pas uniquement du véhicule, l’environnement doit aussi suivre. Les villes devront s’équiper de capteurs, d’infrastructures connectées et de systèmes de gestion du trafic pour que les véhicules autonomes circulent sans accroc.

Ces derniers mois, on observe un certain ralentissement de la recherche sur l’autonomie automobile. Beaucoup de constructeurs redirigent leurs efforts vers la mobilité électrique et l’optimisation des batteries, jugées plus urgentes.

Certains groupes collaborent avec des spécialistes du numérique pour accélérer la mise au point de véhicules autonomes. L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, par exemple, s’est associée à Waymo (filiale de Google) pour explorer les opportunités en France et au Japon, tant sur le plan technique que réglementaire.


La voiture 100% autonome, et si ce n’était finalement qu’un mirage technologique ?




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La route est tracée, mais le volant ne se rendra pas sans combat. Reste à savoir qui, de la législation ou de la technologie, franchira la ligne d’arrivée en premier.