EN IMAGES. Dionysos, c’est d’abord le dieu grec du vin et de ses excès (il s’entendrait bien avec ses comparses bretons), mais c’est aussi le nom d’un groupe français, qui aura 20 ans l’année prochaine. Et qui a joué mercredi soir au Liberté.

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Le groupe Dionysos est connu et reconnu pour ses capacités scéniques. Jusque là, je ne les avais vus qu’à la télé dans des émissions musicales, et déjà à travers l’écran, ça envoyait du lourd.

La soirée débute avec le Yalta Club, un groupe qui mélange des sonorités de rock, de ska…

Puis une petite pause pour monter la scène, l’air de rien, des chants d’oiseaux pendant quelques minutes.

Dark Vador fait »piou-piou »

Les lumières s’éteignent, des spots verts fendent l’air au dessus de nos têtes et… la musique de Dark Vador retentit. Les membres du groupe apparaissent, au nombre de cinq. Un homme avec une tête d’oiseau surgit : Mathias Malzieu, le chanteur et leader de Dionysos.

Il est 21h30 et le concert commence. Deux hommes enlèvent la tête d’oiseau et Mathias apparaît, les cheveux en bataille. Dès la première chanson, « Bird’n'roll » il saute dans la foule, marche presque sur le public. C’est vrai que ce mec est un oiseau.

Au lieu d’applaudir, le public fait mine de s’envoler. Une femme lâche un « piou-piou », le chanteur lui répond par des cris d’oiseaux. Cette soirée sera sur le thème du piaf, ou ne sera pas.

« C’est pas la bonne tonalité, bande d’enfoirés ! »

Lors d’un morceau, le chanteur annonce pouvoir transformer le public en pop-corn si on se serre un peu plus les uns les autres « comme si on avait froid ». Effectivement, sur le refrain, tout le monde saute, les bras en l’air. Je n’aurais pas été surprise de faire « pop » en pogotant.

Mathias prend le temps de parler au public, de faire des jeux de mots pourris qui font rire et de raconter des histoires (un des collègues du groupe aurait dit « Moi, les filles, j’les vois toutes ! J’ai un oeil de larynx »…)

Il affiche une « femme à lunettes au troisième rang qui chante faux mais fort », ou lâche un « c’est pas la bonne tonalité, bande d’enfoirés! ».

Côté instruments, on a droit à du ukulélé, de l’harmonica… et même à un solo de perceuse et à de la scie musicale. Normal.

Au 5e titre, Mathias slame de nouveau dans la foule. Il n’attend pas pour se faire plaisir, il veut aller à la rencontre du public. Au sens propre.

Autour du cou, Mathias porte un coucou suisse, la mécanique sur le cœur, en référence à un de ses romans et au sixième album studio du groupe.

En goguette avec Babet

Pour « Tais-toi mon cœur », je m’attendais éventuellement à voir Olivia Ruiz, qui chantait sur ce titre, sachant que cette dernière était lundi à Rennes pour la promotion de son nouvel album. Mais la brune ne fera pas d’apparition ce soir.

En invitée, il y a Guillemette, du groupe bordelais April Shower, qu’on peut voir sur le clip de « Cloudman ». D’ailleurs, pour cette chanson, le groupe propose aux filles du public de monter sur scène pour prendre une leçon de danse Bird’n'roll… Une qui monte, puis deux, trois… Elles seront finalement près de 20.

Je les jalouse ces « Bird’n'rolleuses ». Si seulement j’avais pu être plus près de la barrière ! Elles dansent toutes sur scène, en suivant Babet, la ravissante chanteuse/violoniste (j’avoue, je suis tombée amoureuse).

Pluie de plumes rouges

Soudain, une pluie de plumes rouges tombe des côtés de la scène. Des mains se tendent pour attraper un souvenir.

Après une bonne douzaine de titres, on sent que la fin approche. Quelques notes de ukulélé additionnées de violon. Je ferme les yeux et je ne suis plus au mois de novembre. Dans ma tête, c’est le printemps, et c’est bien. Ce mec est un peu comme un magicien.

Il y aura deux rappels, et de l’énergie à revendre. Le public n’est pas chaud bouillant mais clairement content d’être là, il en redemande. Mathias revient avec sa tête d’oiseau aux plumes rouges, la boucle est bouclée. Presque deux heures de concert au final.

Je regrette juste de pas être rentrée avec Babet.

 Texte : Sophie Barel | Photos : Gwenn Chenebaud