Lorsqu’on vous invite à 18 h pour un concert gratuit prévu dans l‘heure qui suit, vous n’avez pas trop le temps d’avoir de préjugés. C’est donc neutre de toute attente que je me retrouve avec ma sœur Patate aux Champs-Libres, mardi 30 octobre, devant le duo de Nefertiti in the kitchen.
Formé de la musicienne-comédienne Jen Rival et du multi-instrumentiste Nicolas Méheust, ce petit groupe rennais nous a donné ce soir là un réel moment de rêverie.
C’est à l’étage « musique » de la bibliothèque que le groupe est installé et nous les observons entre les rayons de livres, assises sur la moquette comme deux enfants.Comme un pantin, la chanteuse nous emmène tout au long du concert dans un univers bien à elle. Les textes nous parlent de vie, de sentiments et d’introspection voire de petits récits dignes des Elles, quand la musique est faite de bidouille samplée à la Cocorosie, de cabaret à la Dresden Dolls, et de mélodies rapellant parfois An Pierlé : sa musique raconte des histoires et elle le fait bien !

Entre clavier, ukulélé, guitare, accordéon et batterie, nos deux conteurs semblent être de véritables « magiciens à tout faire. » Jen Rival joue du chapeau tel un mime et charme son public avec grâce.

De l’allemand, de l’anglais, de l’espagnol et, pour finir, une chanson en français : la chanteuse nous balade de langage en langage, le tout sur des airs de boîte à musique.

Dans sa petite robe de pin-up, la demoiselle tape du pied en rythme avec ses petites tennis de cuir enfantines. La musique me pousse à me balancer comme dans un rocking-chair, au rythme du va et vient des vagues qui me guide de comptine en comptine.

C’est dans cet univers que le duo s’échange des regards complices et évolue devant nos yeux dans un concert aussi joli que les boucles de cette jeune femme à la voix suave et aux chant maitrisé.

J’ouvre mes yeux, la rêverie est terminée. Prochaine date, le 9 novembre au Ty Anna. En tout cas, nous, on y sera !

Texte : Eni Patate | Dessin : Djoul Patate