J’aime les concerts, j’aime l’été, j’aime la musique… Donc j’aime la fête de la Musique. CQFD.

J'ai testé pour vous : la fête de la musique à RennesRennes, rue de Penhoët, le 21 mars 2009.  Photo : CC Flickr Malkolm

Il y a vingt ans, le ministère de la culture, dirigé par Jack Lang, lançait la fête de la Musique. Origine de cette décision : à l’époque, un jeune sur deux jouait d’un instrument de musique. Il paraît.

  • Le bordel ambiant

C’est un peu ce qu’on ressent en cette journée : des guitaristes plus ou moins exercés dans les rues, des groupes de garage, des joueurs de flûtes à becs en folie… Une adolescente vient faire partager sa ballade romantique préférée. Le paternel sort les binioù, fier de ses origines celtes. Des portraits de Rennais musiciens, y’en a des tas. Il paraît que tous les Celtes chantent. Il paraît.

Quand un joueur de trombone s’est posté en bas de mon immeuble en pleine nuit, il y a quelques semaines, j’ai pas trop apprécié. Mais le jour de la fête de la Musique, je trouve ça fun. Comme quoi, tout est une question de contexte.

  • La Sacem en sourdine

Les musiciens n’avaient pas à se prendre la tête avec les droits d’auteur : pour la fête de la musique, la Sacem accorde une autorisation exceptionnelle aux organisateurs de concerts gratuits et bénévoles… mais seulement le 21 juin. Dommage pour les communes périphériques qui organisent leur propre fête de la Musique en différé pour ne pas pâtir de la concurrence des grandes villes.

  • Ça m’a rappelé des souvenirs

Il y a trois ans, j’avais fait le tour des bars de la Rue de la Soif et de la rue de Saint-Malo. J’ai le souvenir d’un groupe de pop rock dans un bar minuscule, des couples qui s’enlaçaient, et moi qui m’étais assise par terre pour échapper à la chaleur ambiante. Le sol tremblait au rythme des basses. Le sentiment océanique que procure la musique.

L’année suivante, un groupe de métal en play-back, place Saint-Anne. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si je dois en rire ou bien en pleurer. A minuit passé, j’avais couru voir X Makeena à la scène des Lices. C’était l’avant-dernier concert du groupe rennais dans leur ville d’origine.

  • La ville rock meurt mais ne se rend pas

Les saucisses grillent dans les rues, dans l’attente de retrouver leur galette de sarrasin promise. Cette année, le moindre rayon de soleil est un prétexte pour mettre le bout du nez dehors. Pas dupes, les gens se promènent avec leur parapluie. I’m singin’ in the rain.

Malgré les gouttes, c’est la première fois que je vois autant de monde dehors, sur les places… Les gens débordent des bars. Ils dansent dans les rues. On en voit qui s’étalent, parfois lascivement, sur des voitures qui roulent doucement. Le conducteur se poile.

On se bouscule, on se perd, on se retrouve. Machin est allé voir The Way of Life place Charles-de-Gaulle. Bidule danse sur du reggae en bas des Lices.

Il paraît que Rennes, ancienne ville rock, se meurt à petit feu. Mais il paraît que les Celtes chantent tous, toujours. Il paraît.

Texte : Sophie Barel | Photo : CC Flickr Malkolm