YAOUANK 2012. « Vous préférez le fest-noz ou la boîte de nuit ? » C’est la question qu’on a posée aux groupes réunis pour l’édition 2012 de Yaouank.

YAOUANK 2012

Le fest-noz de clôture du festival Yaouank 2012 a rassemblé plus de 7000 personnes au Musikhall, dans la nuit de samedi à dimanche.

Demander à des groupes de musique bretonne s’ils préfèrent le fest-noz à la discothèque, c’est comme demander à un chef étoilé ce qu’il pense du Big Mac : la question est un peu biaisée.

En l’occurrence, c’est aussi une manière décalée de demander aux frères Morvan, Guichen et consorts ce qui fait, selon eux, la particularité du fest-noz. Et les différents groupes ont joué le jeu, tantôt avec le plus grand sérieux, tantôt en partant dans le délire assumé.

Yaouank 2012

La palme du surréalisme revient à Mathieu Sérot, qui a tenu à répondre à l’interview en piochant des mots dans un exemplaire des aventures de Percy Jackson : « Les Olympiens allaient déjà en fest-noz… Là-bas, tu ne risques pas de croiser un Minotaure. »

Assis à côté, Alem se marre. Pour le vice champion du monde de human beatbox, « les filles en boîte sont quand même mieux sapées ». Krismenn, avec qui il joue en duo, hausse un sourcil : « Je crois qu’Alem ne connaît pas encore bien le milieu du fest-noz… »

Dans une loge voisine, Jean-Charles Guichen se souvient : « En créant le groupe Ar Re Yaouank, notre challenge était de vider les boîtes de nuit pour faire venir les jeunes en fest-noz. » Son frère, Frédéric, ajoute : « Le fest-noz, c’est le partage. Le côté « transe » de la danse permet cet échange de vibrations… »

Transe ? Le mot revient souvent parmi les groupes. Chez les Ramoneurs de Menhirs, le guitariste, Loran, voit les danseurs comme une tribu réunie en une grande célébration païenne : « Une boîte de nuit, ça porte bien son nom : c’est une boîte. Et dans la culture celtique, on n’enferme jamais ce qui est sacré ! Dans le fest-noz, il y a une convivialité… c’est la tribu. »

Texte : Julien Joly | Diaporama sonore : Gwenn Chenebaud, Julien Joly