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DATAVIZ. Qui sont ceux qui parlent le plus de Rennes sur Twitter ? De quoi discutent-ils ? Quels liens entretiennent-ils avec les autres utilisateurs ?

C’est ce que s’est demandé Alberto Lumbreras (@alberto_lm sur Twitter).

Cet ingénieur en télécommunications et cyber-activiste espagnol développe un logiciel (encore en phase de test) qui permet de cartographier les utilisateurs de Twitter selon les mots-clés (« hashtags ») qu’ils utilisent mais aussi selon leur réseau de contacts (ou « followers »).

Que montre cette infographie ?

Alberto Lumbreras ne s’est pas intéressé à Rennes par hasard.

Dans le cadre de son travail, il devrait bientôt déménager à Rennes pour trois ans. « Je ne connais pas du tout la ville. Je cherche un appartement à louer avec ma copine, alors si des lecteurs de Rennes 1720 ont un tuyau…! »

Il s’agit d’un aperçu du résultat que l’on peut obtenir avec le logiciel d’Alberto Lumbreras : un script se connecte à Twitter et détecte qui a utilisé le mot-clé voulu (ici, « Rennes »). Puis il analyse le réseau des utilisateurs ainsi sélectionnés.

Un algorithme classe ensuite les utilisateurs en « communautés d’intérêts » selon les contacts qu’ils ont en commun.

  • Chaque pastille représente un compte qui utilisait le mot-clé « Rennes » au moment de l’étude.  Leur taille montre l’impact de chaque utilisateur au sein de sa communauté. « Certains sont plus gros et plus centrés, explique Alberto Lumbreras. Ils sont donc plus interconnectés avec les autres communautés. Ce sont probablement des journalistes locaux. »
  • Chaque ligne indique deux comptes connectés.
  • Les gens qui suivent et sont suivis par les mêmes personnes sont généralement représentés plus proches sur la carte.
  • Les couleurs représentent différentes communautés. Certaines se démarquent nettement, comme celle des utilisateurs branchés « sport » (en jaune). Pour les autres, difficile de mettre une étiquette : des médias comme le Mensuel de Rennes sont colorés en bleu, et d’autres, comme Ma Ville, en rouge. Selon Alberto Lumbreras, c’est parce que son algorithme se base principalement sur les followers d’un compte. « Ma Ville a plus de connexions avec « les rouges » qu’avec « les bleus ». Peut-être le Mensuel est-il suivi par des gens et des communautés différents de ceux qui suivent Ma Ville ? » (ajout du 10/11/12)
  • Le « trou noir » au centre, regroupe des utilisateurs avec trop peu de connexions pour intégrer une communauté.
Rennes

A quoi ça sert ?

Envie d’en voir plus ?

Le logiciel d’Alberto Lumbreras est encore en développement, mais il est possible de télécharger sa carte de Rennes en version interactive pour zoomer à loisir et choisir les réseaux à afficher. Vous aurez besoin pour cela du logiciel de visualisation Gephi.

  • Ce logiciel ne se limite bien sûr par à Rennes. Développé par un militant, il a pour but premier d’étudier les répercussions sur Internet des mobilisations citoyennes : « Imaginez que vous puissiez analyser l’évolution de l’humeur des gens pendant la Révolution française ! »
  • Le logiciel peut mettre en relation deux mots-clés, comme #ArabSpring (printemps arabe) et le mouvement #OccupyWallStreet. Une façon de déterminer comment deux événements s’influencent ?
  • Pour un journaliste, il permettra dans sa version interactive de visualiser rapidement le réseau d’un internaute. Ce qui permet de diversifier ses sources et de trouver des proches à interviewer le cadre d’un portrait.

Les limites

  • Cette carte ne montre pas les Rennais présents Twitter, seulement ceux qui parlent de la ville à un moment donné. D’accord, cela revient souvent au même… sauf, par exemple, dans cette nébuleuse rose en haut à droite, composée de comptes en rapport avec François Fillon (@TeamFillon, @TeamFillon35…). Alberto Lumbreras a sans doute réalisé sa carte fin septembre, lors du passage à Rennes de l’ancien Premier ministre.
  • Pour les mêmes raisons, le réseau des utilisateurs représenté sur cette carte n’est pas exhaustif.
  • Les recherches sont limitées par Twitter lui-même, c’est-à-dire aux informations de 300 utilisateurs par heure. Dans le cas de Rennes, dresser une carte complète prend 3 ou 4 heures.

Le logiciel d’Alberto Lumbrera devrait être diffusé d’ici « l’été prochain », gratuitement et sous forme d’une application « open source » consultable en ligne.

Texte : Julien Joly | Images : Gephi