Vendredi matin, la police a saisi sept chiens de marginaux devant la dalle du Colombier. Une opération identique, menée en juin, avait suscité un mouvement de sympathie national.

Vent de colère chez les « punks à chiens » de la rue de la soif. Seb, la crête courte et l’air préoccupé, vient de débarquer dans le surplus Saint-Michel : « Ça va mal, il nous ont pris les chiens… »

Vendredi matin, vers 8 h, la police a emmené sept chiens appartenant à des marginaux squattant devant la dalle du Colombier.

En juin, une opération de police similaire avait eu lieu au même endroit, entraînant un mouvement de protestation. L’affaire, relayée sur les réseaux sociaux, avait pris une ampleur nationale.

Lire notre reportage BD : « Les compagnons de la dalle »

Les marginaux visés vendredi n’étaient pas les mêmes qu’en juin. L’opération a été menée suite à une plainte de riverains auprès de la mairie pour des nuisances sonores, il y a une semaine. « Demain, c’est le premier week-end des vacances, explique la Ville. On ne voulait pas que ça se reproduise ».

Les propriétaires devront payer une amende de 89€ pour récupérer leurs animaux. Faute de quoi, ces derniers pourront être confiés à la SPA, voire euthanasiés si le vétérinaire du chenil les considère comme dangereux.

« Une des femelles attendait des chiots ! se désole Seb. On est à la rue, on fait la manche, comment on va payer ? »

« Ces gens-là ont une relation fusionnelle avec leurs chiens. S’en prendre à leurs chiens, c’est véritablement s’en prendre à eux », rappelait le sociologue Christophe Blanchard sur Rue89, en juin.

Décourager les marginaux

Ce type d’opération de police est courant depuis 2004, date de parution d’un arrêté municipal contre le rassemblement de chiens.

L’objectif : décourager les marginaux de rester à Rennes. Les pouvoirs publics sont-ils dépassés ? La Mairie justifie : « Nous faisons de la médiation via une structure, le Relais, mais nous avons échoué à établir un contact avec ces personnes. »

« Ce soir, ça va péter », prédit Seb. Un appel est lancé pour manifester devant l’Hôtel de Ville à 20 h. En juin, les mouvements de protestation avaient permis de réunir les fonds nécessaires pour que les maîtres retrouvent leurs chiens.

Mais à l’heure dite, seule une dizaine de personnes était regroupée place de la Mairie pour réclamer la restitution des chiens.

Texte : Julien Joly | Photo : Dalle du Colombier, Panoramio, Stéphane Clément