Il y a plusieurs mois, j’ai appris que les DJs nantais de C2C faisaient un concert à Rennes. J’ai acheté ma place dans les jours qui ont suivi, la peur au ventre qu’elles s’envolent trop vite. Ils jouaient mercredi à l’Etage.

 

C2C, c’est quatre potes de lycée, des DJs, qui chopent enfin leurs lettres de noblesse auprès du grand public avec leur premier album, « Tetr4 ». Mais ça fait déjà 15 ans qu’ils existent et sont acclamés par les connaisseurs du genre.

Quand même, payer 26,80 euros pour 1h15 de concert, ça fait un peu mal aux fesses. Ca a commencé à 20h45 et c’était déjà fini à 22h. Surtout quand on est habitué aux concerts 2h en moyenne, voire plus.

En même temps, il n’aurait pas fallu que le public se couche trop tard, vu sa moyenne d’âge. Celle-ci est proche de la durée d’existence de C2C (15 ans, pour ceux qui n’ont pas suivi). Je m’attendais à voir un peu plus de vieux de la vieille. Un public plus diversifié.

On sent que le groupe est rodé. Les quatre copains passent d’une platine à l’autre, se lancent des regards, se montrent du doigt, se sourient, s’amusent. Leurs matos est monté sur des blocs à roulettes pour se déplacer plus facilement sur la scène.

Ce n’est pas évident de s’émouvoir devant quatre platines, mais ils parviennent à rendre la chose mouvante, amusante et scénique.

Des jeux de lumières de ci, de là. Leurs regards croisent les nôtres. Nous n’avons pas juste affaire à de l’électronique mais bien à du vivant.

Nos cousins nantais chauffent la salle. Sur la fin, ils chantent. Le moment de rappeler que la particularité de ce groupe de DJs est qu’ils mixent beaucoup avec leur propre musique.

L’Etage, des sensations pures

Niveau salle, c’est l’Étage. En bref, on en attend peu. Un espace rectangulaire, mais dans le mauvais sens. C’est-à-dire qu’à moins d’être tout devant ou de faire 1m90, tu verras pas grand chose.

La sonorisation n’aide pas non plus à passer une soirée optimale. Ce n’est pas la faute de l’ingé son, plutôt un défaut récurrent de cette salle. Je n’entends pas certaines notes et parfois les basses sont si fortes que j’en ai mal au ventre et à la glotte (ouais, ouais, la glotte).

La salle est trop petite, on est tous agglutinés. J’ai l’impression d’être dans le métro à Saint-Anne, un matin de semaine, direction Villejean.

Des gens arrivent à se hisser sur les épaules de copains. Grand luxe, ils peuvent bouger leurs bras à l’horizontale. En bons Bretons, ils dansent telles des mouettes. Ils sont plus poétiques que les dizaines d’écrans de téléphones portés à bout de main.

Il m’est quasi impossible de bouger, ne parlons même pas de danser. Je sens davantage la fumée de clope et de shit coupé au pneu que la transpiration.

Pas de risque à ce niveau, de toute façon : un membre du public a soudain la gentillesse de balancer une bouteille d’eau dans la fosse. Ça me refraîchit la moitié du visage, ainsi que l’ oeil gauche, qui se prend une flaque digne du lac Léman, et mon décolleté. De même pour la plupart de mes voisins. L’un d’eux a même la chance de recueillir la bouteille… dans sa face.

La soirée se termine, et je reste sur ma faim. Comme un film dont tu attendais impatiemment la sortie et qui se révèle décevant.

Certes, j’ai enfin vu C2C mais ça aurait pu être tellement mieux dans d’autres conditions. Ne pas être à l’Étage (pourquoi n’ont-ils pas joué au Liberté ?), ou en extérieur, avoir plus de place, avoir de l’air (la loi anti-tabac n’est clairement pas respectée)…

J’aurais peut-être plus apprécié leur album Tetr4 à fond pendant une soirée entre potes. Là, il y avait presque un relent de boîte de nuit.

Et j’ai des mauvais souvenirs de boîtes de nuit…

Texte : Sophie Barel | Vidéo : F.U.Y.A., C2C, album Tetr4 Photo : Album Tetr4 de C2C (On and On records)