INTERVIEW | VIDEO. A seulement 24 ans, Jean-Marie Gallée est un des plus anciens Bretons à pratiquer le parkour. Une technique de déplacement née en France puis popularisée par Yamakasi (une référence à laquelle Jean-Marie Gallée n’aime pas forcément être associé) ou Banlieue 13.

ouest parkour rennes

Jean-Marie Gallée, dans le centre-ville de Rennes

 

Oubliez Spiderman, ce loser qui a besoin d’avoir été mordu par une araignée radioactive pour sauter de mur en mur. Jean-Marie Gallée le fait très bien tout seul… au prix d’un long entraînement.

Il y a trois ans, ce Breton adepte du parkour (une technique de déplacement extrême) a fondé sa propre associationAujourd’hui, ses vidéos fleurissent sur le web, comme celles de ses confrères « traceurs ».

On y voit des jeunes qui utilisent le mobilier urbain pour se déplacer rapidement et réaliser d’impressionnantes cascades. Des défis risqués qui nécessitent une formation spéciale.

 

Jean-Marie Gallée montre le résultat de 8 ans de pratique du parkour. Voir d’autres vidéos de Ouest Parkour.

Rennes 1720 : Qu’est ce que le parkour ?

Jean-Marie Gallée : C’est l’art du déplacement, né en banlieue parisienne au début des années 90. Il s’agit d’aller d’utiliser toutes les techniques possibles pour aller d’un point A à un point B. S’il y a un mur, au lieu de le contourner, on va passer par dessus.

Ceux qui pratiquent cette discipline sont appelés des « traceurs. »

Qu’est-ce qui vous a donné envie de pratiquer le parkour ?

J’avais 16 ans quand j’ai commencé à m’entraîner avec des copains à Romillé (Ille-et-Vilaine), après avoir vu une vidéo sur Internet. Au début, on faisait ça dans les petits bourgs ou en forêt.

Il y a trois ans, ça marchait pas trop mal et j’ai voulu en faire mon métier. J’ai fondé l’association et, après deux ans de bénévolat, j’ai passé mon diplôme d’éducateur sportif pour avoir une reconnaissance. Je suis un des plus vieux dans le milieu.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le parkour ?

Les gens pensent qu’en parkour, le premier truc qu’on fait, c’est de monter en haut des immeubles pour sauter. Alors que c’est totalement exceptionnel et que ça demande des années d’entraînement régulier ! Mais ça vaut le coup, tu vois le monde autour de toi différemment.

Parfois quand tu es sur les toits, à voir toute la ville ou à prendre des chemins que personne ne prend, tu as une grande sensation de liberté.

En parlant d’entraînement, comment ça se passe au juste ?

Le parkour consiste surtout à passer beaucoup de temps au gymnase et à recréer avec des agrès tous les mouvements de base : gérer une chute, passer un mur, etc.

On doit s’entraîner très souvent : avant de faire un saut à un mètre de haut, il faut en avoir fait mille entre deux trottoirs.

Les progrès, c’est aussi 70% dans le mental. En extérieur, rien qu’un saut d’un mètre de haut d’un mur à un autre, c’est beaucoup d’appréhension, mais si on est bien entraîné, il n’y a pas de raison d’avoir peur.

En règle générale, mises à part des petites entorses, il n’y a jamais eu d’accident. Les accidents en parkour, ça arrive surtout aux gens qui brûlent les étapes.

Saut au dessus de l’écluse Saint-Martin (Rennes), 2011. Vidéo mise en ligne part GuilbertAntoine.

Parlez-nous de votre association…

On est affilié à une fédération multisports et on a un partenariat avec la Ville. Je suis éducateur et on est sollicité par la Ville ou les maisons de quartier pour organiser des initiations.

J’initie des gens de 9 à 35 ans et, en trois ans, le groupe a grossi assez vite pour arriver à 70 adhérents. Du coup, l’an prochain, je pense faire un deuxième cours pour les 9 à 13 ans.

Ça arrive aussi d’intervenir en maison d’arrêt. Comme il n’y a pas de compétition dans le parkour, ça peut aider des gens à gagner l’estime de soi.

Je suis aussi intervenu il y a 3 ans à Villejean parce qu’un petit de dix ans était parti à l’hôpital après avoir fait une chute en escaladant le toit d’une église. J’ai expliqué aux enfants du quartier qu’il y a des bases à apprendre avant de grimper.

Là, je suis en train de bosser sur la création d’un petit parkour-parc à Rennes.

C’est un sport mixte ?

Sur les 70 adhérents, c’est vrai qu’on n’a que 7 filles. Je connais une autre asso de parkour à Tours où il y a une fille qui a un super bon niveau. Mais avec le temps, on aura peut-être de plus en plus de filles qui viendront.

Quels sont les prochains défis que vous voulez relever ?

Avec le temps, on se dit qu’on peut faire toujours mieux. Au mois de septembre, on part en Chine à Jinan dans le cadre d’un échange avec des traceurs chinois.

 

Propos recueillis par Julien Evrard | Photo : Gwenn Chenebaud | Vidéos : voir légendes.

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