BD | VIDEO. L’opéra performance « Aria » clôturait les Tombées de la nuit, le 7 juillet, place de la Mairie.

 

Les Tombées de la nuit se sont achevées sur un spectacle nommé « Aria », un « opéra performance », paraît-il.

Personnellement, j’ai très envie d’aller au moins une fois dans ma vie à l’opéra, mais le prix me rebute un peu. J’ai donc saisi l’occasion d’assister à cet opéra gratuit avec une projection en extérieur.

L’histoire est celle d’Antigone, la fille d’Œdipe :

Le frère d’Antigone, Polynice, meurt en combattant pour devenir roi de Thèbes. Du coup, le roi interdit les rites funéraires à l’égard de ce rival. Sauf qu’Antigone, petite rebelle, fait part à sa sœur de sa volonté d’enterrer Polynice malgré tout. Cette dernière, pas bête, est d’accord avec ce geste mais ne voit pas l’intérêt de se rebeller…

Pour faire court, il doit y avoir trois images différentes projetées sur l’opéra, ce qui fait peu en 1h40, surtout lorsque l’aspect sonore ne risque pas de nous sortir de notre torpeur.

Les Tombées de l’ennui

Cet opéra est écrit en collaboration avec des adolescents,  démarche que je trouve à la base relativement chouette.

En revanche, je ne vois pas grand intérêt à monopoliser la place de la Mairie le dernier soir des Tombées de la nuit pour entendre des chœurs moyens alimenter un récit moyen avec des formulations de phrases moyennes illustrées par une projection médiocre et une histoire soporifique. Une MJC de quartier réunissant la famille aurait été suffisante.

Cette réécriture d’Antigone me semble un peu branlante : Aria, au final, se montre plus en crise d’adolescence et en pleine confusion que déterminée, courageuse ou héroïque.

Des sentiments qui se contredisent, avec un chien, une ado rebelle, sa sœur, un père, une projection montrant trois rideaux qui s’ouvrent et des silhouettes ou porte-manteaux qu’on aperçoit au loin, dans l’opéra (l’orchestre ? Le chœur ?)…

Ce que j’en retiens ? Une jolie phrase redondante : « Ce n’est pas juuuuuste ». Effectivement, ce n’est pas juste ! Depuis, cette réplique est devenue pour nous un running gag lors des soirées lose.

 

BD | VIDEO. L'opéra performance "Aria" clôturait les Tombées de la nuit, le 7 juillet, place de la Mairie.
J’ai cru percevoir une volonté de faire de cet opéra un « récit d’apprentissage » mêlant quête de soi, problèmes d’éducation, questionnements moraux sur la vie, la mort, la famille…

Mais, si c’était le cas, j’ai plus eu l’impression de me taper un mauvais Disney en extérieur et sans les images.

L’absence de livret ne m’a pas aidée à voir un grand intérêt à tout ça : peut être valait-il mieux qu’on ne comprenne pas trop les paroles finalement.

Je n’ai plus qu’à aller voir un véritable opéra pour ne pas rester sur ma faim…

Texte : Eni Patate | Dessins : Djoul Patate | Vidéo : KinThoa