BD | VIDEO. Cet été, Rennes 1720 inaugure une nouvelle rubrique, les Sœurs Patate, ou l’actu vue par deux rennaises décalées : Djoul, illustratrice, et Eni, étudiante en graphisme.

Si vous avez raté le début :

Musicienne franco-américaine de 24 ans, Maïa Vidal était au Thabor mercredi soir dans le cadre des Tombées de la nuit.

Arrivée sur la pelouse de l’entrée du Thabor, voilà qu’une masse de gens s’est déjà réunie autour du chapiteau abritant la scène. Le temps est humide et le ciel est gonflé d’eau mais tout le monde veut y croire : non ! Il ne pleuvra pas !

  • Pas de pitié pour les petites tailles

Des enfants jouent à chat en tee-shirt, certains font du ping-pong et d’autres bambins s’agitent autour des tables réservées par les parents pour un dîner-crépuscule sous les lampions rouge-orangés du festival.

Tout le monde se retrouve et s‘embrasse, les amis, les familles, tous les âges sont réunis, tous les styles sont là, tout le monde à l’air happy, serein, heureux et poli. Et tout cela me donne un peu l’impression d’avoir atterri chez les Bisounours.

A peine ai-je mis un pied sur l’herbe fraîche que la musique diffusée s’arrête et les micros s’allument : elle est là !

Inutile de vous décrire le « discret » mouvement de foule se dirigeant vers la scène : évidemment, tous ces gens mesurant plus d’1m58 ont omis de me laisser un champ de vision ne serait-ce que pour entr’apercevoir la jolie poupée. Bref, je n’ai même pas vu Maïa Vidal !

  • Envie de sourire niaisement

Dépitée mais détendue, je décide alors de m’asseoir dans la pelouse : quitte à ne rien voir, autant être installée confortablement !

Un vibraphone découpe le silence petit à petit et nous voilà enveloppés dans un univers à la fois enfantin, onirique et sensuel : je me sens apaisée comme au début d’une comptine au moment du coucher. On peut le dire : j’ai 4 ans.

Maïa Vidal, c’est un mélange de reverdie mélancolique et de fraîcheur féminine, le tout donnant l’envie de sourire niaisement à quiconque croise notre regard.

  • Fraîcheur nocturne

La musicienne et chanteuse franco-américaine nous offre pourtant un joli melting-pot : un zeste de poésie à la Lhasa, une pincée de féerie rappelant un peu Lady & Bird, le tout saupoudré parfois d’une rythmique et d’un chant à la Micky Green.

Maïa Vidal, c’est un accordéon discret, un vibraphone omniprésent et une voix mélodique qui réchauffe les cœurs. Mais pas un concert pour danser ou donner la patate. Un couple de personnes mûres à ma droite décide de partir au bout du deuxième morceau, laissant plus de place à mes jambes.

Une chanson en français se balade dans l’ensemble des compositions. Les gens circulent, discutent, mangent, fument tandis que je regarde vers la scène par automatisme : je ne vois toujours rien…

La fraicheur nocturne commence à me réveiller au moment où Maïa déclare que c’est fini : les gens en redemandent, il ne pleut toujours pas, Rennes semble conquise, et j’ai beau ne pas l’avoir vue, je le suis aussi.

Texte : Eni Patate | Dessin : Djoul Patate | Vidéo : Apollosmouse2801

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