Mal connus ou atypiques, de nombreux « petits » partis se présentent aux législatives dans l’ombre des plus « grands », UMP et PS en tête.

A l’instar du Parti Pirate, dont l’objectif est d’atteindre au moins 1% dans 50 circonscriptions, les ambitions des petits partis aux législatives peuvent sembler modestes.

Ce seuil conditionne en effet l’accès « à la première fraction du financement public des partis politiques, synonyme de stabilité budgétaire pendant cinq ans », selon l’article de Slate.fr « Législatives: le loto du financement public ».

Ceux qui atteignent ce palier se répartissent « plus de 32 millions d’euros, à raison de 1,68 euro par voix et par an pendant cinq ans », même s’ils n’ont aucun élu. De quoi couvrir des frais de campagne élevés, puisque entre l’envoi des professions de foi et l’impression des affiches, certains partis, faute de moyen, n’ont même pas fait imprimer de bulletins de vote. L’électeur devra télécharger le sien depuis Internet.

Les législatives ne sont donc pas seulement un moyen pour les petits partis de promouvoir leurs idées, propulser un candidat ou s’ancrer dans le paysage politique en vue d’une élection future. Elles constituent une véritable bouffée d’oxygène financière… à condition, bien sûr, d’être présent dans au moins cinquante « circos ». Ainsi, le Trèfle, parti écologiste créé en 1993, survit grâce aux 150 000 euros de financement public qu’il reçoit chaque année.

D’où une multiplication des candidats qui donne lieu à des situations insolites, comme à Dinan, où la candidate du Trèfle, Nadia Chikh, candidate sans local, qui « ne fera pas campagne » et dont la suppléante habite… Nice. « Si on ne se présente pas, on n’a pas moyen de faire parler du parti », justifie-t-elle dans les colonnes du Télégramme.

L’exemple vaut bien sûr pour d’autres petites formations politiques, qui restent en général bien loin des 12,5% de voix nécessaires pour se présenter au second tour.

Les législatives restent toutefois une vraie prise de risque pour les petits partis dépendants des deniers publics.  En cas de mauvais résultats électoraux, le non-renouvellement du financement peut les placer en grande difficulté financière. Au moins auront-ils la consolation d’avoir fait entendre leurs idées.

Texte : Gwenn Chenebaud, Romain Dupré, Julien Joly

Lire aussi

7 questions que vous vous posez sur les législatives

INFOGRAPHIE | Présidentielles : radioscopie du vote rennais