De mémoire, on m’a toujours dit « L’opéra, soit tu adores, soit tu détestes ». Je m’arme donc de tout mon courage pour partir à la conquête des « Noces de Figaro », à l’Opéra de Rennes. Banzai.

 

« Le nozze di Figaro », en italien, se déroulent en 4 actes. L’auteur est Wolfgang Amadeus Mozart, d’après « La folle journée ou le mariage de Figaro » de Beaumarchais. Avec l’Orchestre de Bretagne et le chœur de l’Opéra de Rennes, sous la direction de Ernest Martinez Izquierdo, mise en scène de Jean Liermier.

De l’opéra, je ne connais que :

  • « Madame Butterfly », de Puccini.
  • « Miss Sarajevo », de U2 avec Pavarotti.
  • Et mon chat s’appelle Figaro (y’a prescription, j’avais une dizaine d’années.)

En somme, on peut difficilement faire plus néophyte que moi.

 

Pas le même public que pour Shaka Ponk

Au moment d’arriver, je découvre un fait non négligeable : le spectacle dure 3h35, en comptant les entractes (qui sont au nombre de deux). Là, je panique parce que je n’ai rien à manger dans mon sac et que je n’étais pas préparée à m’armer de courage si longtemps.

Le public est moins varié qu’à un concert de Shaka Ponk : des personnes âgées en grand nombre, parfois accompagnées du benjamin de la famille ou d’adolescents qui vont passer leur bac de français dans quelques semaines.

L’opéra est chanté en italien. Mais je ne savais pas qu’au-dessus de la scène, un écran nous ferait une traduction en direct. Cet élément semble complètement anachronique et a le mérite de me faire rire. Mais ça ne m’aidera pas à comprendre davantage l’histoire. J’ai du mal à savoir qui est marié avec qui et qui veut coucher avec qui.

J’ai l’impression d’assister aux « Feux de l’amour » version XVIIIe siècle. Ou à une comédie musicale. Mais c’est cohérent, ça a été écrit par Beaumarchais et c’est une « Commedia in musica ».

 

C’est quand qu’on applaudit ?

L’orchestre est caché sous la scène, je les aperçois, perchée sur le premier balcon. J’avais une image de l’opéra où la musique était sous le feu des projecteurs, il s’avère que c’est l’inverse. L’œuvre s’apparente davantage au théâtre qu’à un concert.

Je m’attendais à entendre le « cri de l’âme » des protagonistes, au moment de scène d’amour ou de jalousie. Mais ce n’est pas particulièrement le cas.

La voix des chanteurs reste surprenante et l’acoustique est particulièrement bonne. Certaines salles de concert devraient en prendre de la graine.

Les décors sont impressionnants et j’essaye d’imaginer les coulisses de ces pièces où des spots de lumières blanches donnent l’impression de vraies fenêtres, inondées de soleil…

Cependant, j’ai une grande question : quand faut-il applaudir à l’opéra ? Plusieurs fois, j’allais claquer des mains à la fin de musique, et j’ai échappé de justesse à de grands moments de solitude.

Ma conclusion : contrairement aux films, à l’opéra, on a peut-être intérêt à lire le livre avant de venir…

Texte : Sophie Barel

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