REPORTAGE PHOTO. Mercredi, Amon Tobin présentait son septième album, « Isam », au Liberté, dans le cadre du festival Astropolis. Plus qu’un concert, une expérience.

AMON TOBIN RENNES

Photomontage (Gwenn Chenebaud)

Avant de décoller, je constate sur les réseaux sociaux que pas mal de monde y sera. C’est un évènement. L’artiste brésilien Amon Tobin est visiblement attendu…

Afin d’être au premier rang, j’assure le coup en venant tôt. Comme musique d’attente : Björk. Ça promet une soirée puissante musicalement parlant. Et je suis pile en face de la scène, collée à la barrière.

A 21h30, le rideau s’ouvre et on découvre une installation faite de briques blanches, de tailles différentes. Une plus grosse se démarque. A ce moment, j’ai une pensée pour le mur de la tournée « The Wall » avec Roger Waters.

La musique démarre, et des vidéos sont projetées sur la construction de briques. En rythme avec le son. Le public est plongé dans un univers en trois dimensions grâce à cette technique, dite « projection mapping ». Ca ne vous rappelle rien ? La même technique est utilisée sur la mairie de Rennes le 31 décembre.

Un live du concert à Montréal

J’aperçois l’artiste à travers un fin voile blanc, caché dans la plus grosse brique.

Les basses sont vraiment fortes. Au début, j’ai eu peur d’un mauvais réglage de son. Mais absolument pas. On peut suivre l’heure et demie de concert sans avoir mal au cœur, mais en ressentant profondément les basses.

Le son se déplace dans mon corps

J’ai éprouvé des sensations toutes nouvelles. Le son se déplace dans mon corps, passe des épaules au torse, au dos… J’ai l’impression d’être modelée à la simple puissance de la musique.

Je me courbe ou me redresse sans m’en apercevoir. A certain moment, tout le corps vibre. J’ai même pris conscience de mes narines (ça peut vibrer aussi). Le son nous remplit, j’ai comme l’impression d’en avoir mangé. Je vis le concert comme une expérimentation musicale, en plus du spectacle visuel.

Plusieurs tableaux apparaissent sur cet étrange écran de cubes. Avec sa webcam, Amon Tobin fait apparaitre son image, en direct, sur la construction.

Le thème des nébuleuses revient souvent.  D’étranges points lumineux reliés entre eux par des traits modifient complètement la perception de la construction en se déplaçant. Parfois, l’ensemble semble vivant. Il respire en rythme avec le son. Et nous aussi.

 


Plus qu’un concert, une expérience

On entend des inspirations de jazz, de hip-hop, on capte parfois des musicalités beaucoup plus douces avec du xylophone, du piano… L’artiste est tantôt puissant, tantôt sensible. Il sort deux fois de son cocon pour saluer le public, timidement.

Le concert se termine avec des images de flammes se propageant sur la construction. Sa façon de la détruire pour marquer la fin du show ?

Rideau. Mais le mur blanc renaîtra de ses cendres demain pour un autre concert. Ailleurs.

A la sortie, les avis sont mitigés. Moi, je me sens comme après un rendez-vous chez l’ostéopathe.

Certains ont trouvé le prix trop élevé : « Putain, 38€ pour seulement 1h30 de concert ! ». D’autres reprochent à Tobin de n’avoir joué que son dernier album. Je regrette pour ma part certains morceaux que j’aurais aimé entendre et voir en live.

Cependant, j’ai personnellement vécu ce concert comme une expérience. Comme si j’avais été au cœur d’une performance d’art contemporain, à 3 m de la scène. Et je ne nie pas le sourire béat que j’ai eu parfois.

Texte : Sophie Barel | Photos : Gwenn Chenebaud

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