Des « explorateurs urbains » s’introduisent régulièrement sur le chantier de l’ancienne brasserie pour la photographier de l’intérieur.

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Des milliers de Rennais passent chaque jour devant le chantier de l’ancienne brasserie, rue Saint-Helier. Les bâtiments fantômes aux murs couverts de graffiti excitent l’imagination.

Outre les graffeurs, des photographes adeptes de l’exploration urbaine (urbex) ont voulu découvrir le cœur des brasseries. Comme Alexandre, qui y est allé en mai 2011. Il raconte sur son blog, d’où sont tirées ces photos :

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« Première tentative pour tenter de trouver une entrée sur le site. A ce moment-là, les murs d’enceinte sont encore bien debout. Nous escaladons donc un petit compteur EDF ou GDF qui permet à nos – grands – bras d’attraper la petite corniche du mur. »

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« Tout est debout, site encore en friche, quatre bâtiments s’offrant pleinement à nous. Porte ouverte sur le bâtiment renommé « Système Poutine ». Nous sommes alors partis pour quelques matinées, après-midis et soirées de découverte. »

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« Bon nombre de graffeurs (très talentueux, dont Martin A.K.A. Dj Marrrtin ainsi que Jo-nathan du Beat Shop Crew) étaient passés bien avant nous, ainsi que certains photographes et quelques rares squatteurs. Site entier pour nous seuls (ou presque), avec une superbe vue du haut du Système Poutine, et des graffs très colorés dans tous les recoins qui redonnaient vie à cette « Brasserie Graff ».

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« Mais pourquoi l’appeler « Brasserie Graff » ? A cause des graffiti ? (…) La Brasserie a en fait été fondée en 1873 par quatre types, dont un qui s’appelait Jacques Joseph Graff. »

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La dernière visite d’Alexandre à la brasserie remonte à l’automne. Depuis, avec l’avancement du chantier, il a cessé ses explorations. « L’intérêt photographique niveau urbex du site a considérablement chuté », explique-t-il.

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Dans les années 90, la brasserie employait 120 personnes. En 2002, les salariés ne sont plus que 30.

L’unité de production de Rennes était la plus petite du groupe Kronenbourg. On y fabriquait des bières médiocres et des grands contenants, vendus dans les magasins à bas prix. La marque Kronenbourg, elle, restait brassée dans l’Est de la France.

Dernière industrie intra-muros de la Ville de Rennes, la brasserie a été détruite en 2005. Sauf le château d’eau et le silo à malt. Selon WikiRennes, « ces structures seront conservées et répertoriées au patrimoine d’intérêt local. L’ancienne halle d’exposition doit devenir une salle d’exposition de 700m². 170 logements doivent être créés sur l’espace. »

Texte : Julien Joly | Photos : Alexandre

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La galerie FlickR de Dopamind