Vendredi, Shaka Ponk était en concert au Liberté. Au programme : jeu de scène parfaitement maîtrisé, papis rockers et sauts périlleux.

Je voulais arriver tôt pour voir le concert depuis la barrière du Liberté. Échec total : la salle est déjà blindée. Je tente la fosse, me retrouve dans les gradins. Ça ne change pas grand-chose car tout le monde est debout, partout.

Première partie avec Ina-Ich et quelques chansons d’Incubus, le temps de monter la scène. J’ai l’impression d’avoir de nouveau 15 ans. Dans le public :

  • Des adolescents qui se roulent allégrement des pelles,
  • Des jeunes filles en fleurs (et en soutien-gorge par la suite),
  • Des soixante-huitards,
  • Des papis rockers…

Enfin, la lumière s’éteint. Le public hurle.

Frah et Samaha Sam arrivent sur scène, des chaussures jaunes aux pieds. Ils bouffent l’espace, dansent, sautent, s’amusent.  Frah roule littéralement sur les mains des gens qui le transportent d’un bout à l’autre de la fosse, saute d’un caisson de basse de plus de deux mètres dans le public, puis bondit à nouveau… du haut d’un gradin.

Le Liberté est un bar géant

Samaha s’amuse à aller voir sous le kilt de Steve (clavier et sample). Au centre de la scène, un écran en forme de Porte des étoiles où apparait Goz, singe virtuel et mascotte.

Le jeu de scène du groupe est à la hauteur de sa réputation. Ça n’empêche pas Shaka Ponk d’être proche du public. L’ambiance en a presque un côté « à l’arrache »,  qui rappelle ce que j’ai pu ressentir dans de plus petites salles ou pendant les Bars en Trans. Mais en beaucoup plus grand.

Aveu du chanteur :

« Je sais qu’on est supposé être des rockers avec un cœur de pierre, mais quand je vous ai entendus crier au tout début, on était tous derrière le rideau là-bas, et j’ai pleuré ».

Mes seuls regrets ?

  • Pas d’apparition surprise de Bertrand Cantat, comme au Zénith de Paris en novembre. J’avoue y avoir cru très fort quand les premières notes de « Palabra Mi Amor » ont résonné.
  • Une fille de la fosse, au bord du malaise, a pu monter sur scène pour recevoir un câlin et une bouteille d’eau de la chanteuse. J’ai hésité à sauter des gradins dans l’espoir d’avoir moi aussi des papouilles.

Finalement, je me suis contenté d’être jalouse, c’était moins dangereux.

Texte : Sophie Barel | Photo : CC Flickr Boby_split