Da Silva, c’est deux artistes. Celui du CD et celui du concert. Le premier est plus doux et mélancolique, le deuxième est passionné, multitâches et puissant (voilà pourquoi ce chanteur doit être l’amant idéal).

Si vous avez raté le début

Le chanteur Da Silva était mardi soir en concert à l’Étage (Rennes).

J’avais déjà eu cette impression il y a un an, lors de son concert dans la même salle. C’est pourquoi j’ai décidé d’y retourner mardi soir.

Je ne suis pas une grande fan de l’Étage, où seuls les chanceux tout devant peuvent voir la scène, à cause de la forme allongée des lieux.

Elle n’en est pas moins efficace au niveau de la sonorisation, mais bizarrement, ce soir, le son est parfois à la limite du larsen. Un problème inexistant l’année dernière.

Da Silva, « Les plus belles lettres »

Une soirée entre potes

La soirée est aussi beaucoup plus intimiste. La salle est à moitié remplie, l’artiste parle avec le public. Moins de musiciens que l’année dernière, aussi.

La plupart des gens connaissent les paroles, ce sont des fidèles. Ça ressemble a une soirée entre potes.

Ce qui n’enlève rien à la magie du spectacle : Da Silva gère les changements d’ambiances et mène le public comme un chef d’orchestre, au son de sa guitare.

J’avoue : à un moment, entre les lumières bleues et des basses comme des battement de cœur, je me serais crue dans le Grand Bleu. Ce n’était pas désagréable.

D’ailleurs, si l’artiste a des origines portugaises, on ressent dans sa musique comme une inspiration bretonne, avec parfois des sons proches d’un Yann Tiersen, et même des notes qui semblent échappées de vieux chants de marins. Pas étonnant, Da Silva a vécu à Dinan et réside désormais à Rennes, comme il l’a précisé en saluant le public :

« Ca fait plaisir de jouer à la maison. »

Dommage, le show n’aura duré qu’1 heure 20. Ce qui est court pour un concert unique à Rennes… D’autant qu’il avait duré plus de deux heures l’année dernière, pour le même prix.

Mes amants idéals ne sont plus ce qu’ils étaient.

Texte : Sophie Barel | Photo : Yann Provost

Ajout du 2 avril 2012 : Da Silva réagit à notre article sur Facebook : « J’aime cette idée que les concerts doivent être plus courts, avec plus de musique, plus ramassés aussi. Cela donne de la densité. »