Le collectif Open data Rennes organisait sa deuxième rencontre mercredi soir, à la Cantine numérique. Le thème : « open data : politique et citoyens ».

L’open data, donnée ouverte en anglais, c’est mettre en libre accès des données publiques brutes (comme le nombre de jours où il a plu à Rennes, le budget d’une commune…). Ces données sont librement réutilisables. En France, Rennes est une des villes les plus en avance sur la question de l’open-data. Voir le site officiel de l’open data rennais.

On le sait : l’open data peut engendrer des utilisations concrètes, à l’image de Keolis Rennes qui a ouvert ses données et fait apparaître quelques applications pour mobile intéressantes.

Tous les acteurs locaux semblent d’accord pour poursuivre cette ouverture… mais pas n’importe comment. L’open data soulève de nombreuses questions, sur lesquelles le collectif Open data Rennes organise une fois par mois des débats ouverts à tous, à la Cantine numérique.

Hier soir, ils étaient 25 réunis autour de discussions portant entre autres sur le respect de la vie privée :  « Si les registres de l’Etat civil sont rendus publics sur Internet, mon voisin saura-t-il que je me suis marié trois fois ? »

D’un autre côté, l’open data peut être un formidable outil démocratique, à l’image du site NosDeputes.fr qui, comme son nom l’indique, permet de mieux connaître l’activité de nos députés à l’Assemblée nationale (taux de participation, sujets abordés…).

Si l’initiative paraît bonne, elle peut donner des cheveux blancs aux politiciens dont les actions sont scrutées à la loupe, sans qu’elles soient forcément remises dans leur contexte.

Quant aux professionnels de l’information, ils voient leur travail de traitement et d’analyse se compliquer à cause de la diversité des formats de fichiers utilisés par les administrations… et de la difficulté d’en garantir la traçabilité.

Un conseil municipal 2.0

Rennes 1720 a, de son côté, présenté son projet d’adapter le site de NosDeputes.fr à l’échelon du conseil municipal : NosElusRennes. Chacun peut y contribuer grâce au wiki dédié.

Des citoyens commencent également à demander une version « open data » des comptes-rendu de conseils municipaux. Ceux-ci ne sont actuellement communiqués que sous la forme d’un fichier PDF, dont les informations sont difficiles à réemployer (dans des infographies, par exemple).

Ce qui pose problèmes de normalisation et de contenu : où est la donnée, par nature chiffrée, quantifiable, dans des phrases ?

Pour les professionnels de l’information, tout semble encore à faire. Où est l’info ? Où est le travail d’analyse objectif dans la confrontation de chiffres ? Comment rendre les données accessibles et utilisables pour les journalistes et pour les citoyens ?

Des questions plus que jamais d’actualité, alors que le gouvernement a lancé début décembre le site d’open data national censé rassembler toutes les données publiques de l’État.

Consulter le compte-rendu complet de la rencontre sur le site du collectif Open data Rennes.

Texte : Hadrien Bibard | Photos : Google Maps