« Mais à quoi sert cette fichue station Saint-Germain? » Rennes 1720 a écumé Facebook, Twitter et les forums à la recherche des questions que se posent les internautes à propos de la ligne B du métro de Rennes. Puis on est allé les poser directement aux personnes concernées : le maître d’ouvrage, la Mairie, les chauffeurs de bus… Cette liste est loin d’être terminée : n’hésitez pas à ajouter vos propres questions dans les commentaires. Même chemin si vous avez des précisions ou des objections à apporter.


1. Le plan des stations de la ligne B publié dans les médias est-il définitif ?

2. Pourquoi la ligne B coûte-t-elle si cher ? Qui la financera ?

3. Risque-t-on des effondrements lors du chantier?

4. Le passage du métro peut-il endommager mon immeuble?

5. Stations Colombier et Saint-Germain : quel intérêt de les construire si près de stations déjà existantes ?

6. Pourquoi la station Cleunay est-elle si éloignée du Stade de la route de Lorient ?

7. Qui décide du nom des stations?

8. Pourquoi un métro aérien à Longs-Champs?

9. Pourquoi la ligne B ne dessert-elle pas l’aéroport Saint-Jacques-de-la-Lande?

10. Pourquoi l’est du Thabor n’est-il pas desservi?

11. Pourquoi ne pas continuer la ligne au-delà de la rocade ?

12. La Ligne B va-t-elle mettre des chauffeurs de bus au chômage?

 

1. Le plan des stations de la ligne B publié dans les médias est-il définitif ?

Selon Noël Philippe, directeur général adjoint des services techniques à Rennes Métropole, joint par Rennes 1720 :

« Ce tracé n’est susceptible de changer que marginalement. La position des stations est arrêtée. »

Voilà qui devrait ravir ceux qui pensaient que l’enquête publique n’était pas qu’une formalité administrative.

2. Pourquoi la ligne B coûte-t-elle si cher ? Qui la finance ?

Coût prévisionnel du projet : 1,291 milliard d’euros.
Subventions : 220 millions d’euros (Etat, Europe, Région et  Département), dont 90,66 millions d’euros pour l’Etat.
En tout, plus de 800 millions d’euros demeurent à la charge de Rennes Métropole et seront financés par la fiscalité et l’endettement (37% du budget total).

A titre de comparaison, la ligne A n’avait coûté « que » 484 millions d’euros pour 9,4 km de voie (contre 12,7 km pour la ligne B). Pour justifier cette hausse, Rennes Métropole invoque l’inflation, ainsi que le coût du tunnelier, le souterrain profond de la ligne B étant deux fois plus important que celui de la ligne A.

Source : le Mensuel de Rennes


3. Risque-t-on des effondrements lors du chantier?

L’effondrement de la rue Jules-Simon, survenu lors du chantier de la ligne A, a laissé de mauvais souvenirs aux Rennais. Pour éviter qu’un tel événement se reproduise, la Semtcar, qui construit la ligne B, affirme utiliser un « tunnelier nouvelle génération » :

« Ce nouveau tunnelier intègre des instruments permettant de déceler en amont des signes avant-coureurs de problèmes comme les affaissements de terrain. »

4. Le passage du métro peut-il endommager mon immeuble?

Lors du chantier, selon la Semtcar :

  »Un état des lieux préventif sera réalisé sur l’ensemble du bâti au dessus du futur tunnel, en présence d’un huissier. » 

Si des dégradations sont constatées après le passage des ouvriers, comme ce fut le cas sur la ligne A, c’est l’assurance du maître d’ouvrage (en l’ocurrence, la Semtcar qui agit au nom de Rennes Métropole) qui prendra en charge tout ou partie des réparations, en fonction de son degré de responsabilité.

Une fois le métro mis en marche, Rennes Métropole affirme qu’il n’y a « aucun impact » :

« Roulant sur pneus à une profondeur d’environ 7m sous la surface du sol, le métro ne génère aucun bruit ni vibration perceptible en surface ou dans les immeubles avoisinants. » 


5. Stations Colombiers et Saint-Germain : quel intérêt de les construire si près de stations déjà existantes ?

Les stations Colombiers et Saint-Germain semblent  faire doublon avec Charles-de-Gaulle et République, dont elles ne sont éloignées que de quelques centaines de mètres. Pourquoi ne pas les remplacer par une simple correspondance à une seule station? Selon Noël Philippe :

  »Afin d’éviter un trop grand afflux de passagers. » 


6. Pourquoi la station Cleunay est-elle si éloignée du Stade de la route de Lorient ?

Scandale chez les sportifs : la station Cleunay, la plus proche du Stade de la route de Lorient, en est quand même séparée par un bon kilomètre. Objection (rapidement?) balayée par Noël Philippe :

« La distance fait un espace tampon afin que la foule se dilue les jours de match. A quoi cela aurait-il servi de rapprocher cette station alors qu’on ne va au Stade que 20 jours par an? » 


7. Qui décide du nom des stations?

Ce sont les communes desservies par les stations en question (St Jacques de la Lande, Rennes et Cesson Sévigné).


8. Pourquoi un métro aérien à Longs-Champs?

Selon Rennes Métropole, cette option aérienne « permet de réduire significativement les coûts par rapport à la tranchée couverte. » Mais l’association de riverains Vivre aux Longs-Champs dénonce le risque de nuisances sonores et l’impact visuel. “Il ne faut pas exagérer les inconvénients”, rétorque Noël Philippe, qui se refuse à tout autre commentaire sur le métro aérien :

  »On attend l’avis de la commission d’enquête publique. On agira en fonction. On verra aussi si la contestation perdure. » 


9. Pourquoi la ligne B ne dessert-elle pas l’aéroport Saint-Jacques-de-la-Lande?

Trop peu de voyageurs se rendent depuis Rennes à Saint-Jacques-de-la-Lande : pas assez, en tout cas, pour décider Rennes Métropole à payer le coût d’un tel prolongement.


10. Pourquoi l’est du Thabor n’est-il pas desservi?

Entre la Faculté de Droit (station Jules Ferry) et le campus de Rennes 1 (station Beaulieu-Université), la ligne B semble délaisser le quartier Thabor-Saint-Hélier. Pour Noël Philippe :

  »Cette zone n’est pas assez peuplée. Nous avons privilégié les zones d’habitation, d’emploi et d’études. » 


11. Pourquoi ne pas continuer la ligne au-delà de la rocade ?

C’était le souhait de ceux qui préféraient un tramway à une nouvelle ligne de métro. Mais selon Guy Jouhier, maire d’Acigné et vice-président de Rennes Métropole délégué aux transports et aux infrastructures, cité par Ouest-France :

« Il faut une densité de population pour justifier un tel investissement. Sur la ligne A, par exemple, on avait projeté d’aller jusqu’à Chantepie. Mais cela n’a finalement pas été possible. La commune n’avait pas assez d’habitants malgré ses efforts entrepris pour en accueillir de nouveaux. »


12. La Ligne B va-t-elle mettre des chauffeurs de bus au chômage?

Contactée par Rennes 1720, la CGT affirme ne pas craindre que le métro « remplace » totalement les bus. Selon Gérald Fourreau, chauffeur responsable syndical CGT, la ligne B pourrait même générer de 70 à 80 nouvelles embauches.

Crédits photo : Rennes Métropole, Interatlas, Semtcar